Roméo et Juliette
equipe de création :
mise en scène, adaptation, scénographie, chorégraphie :
David Bobee
nouvelle traduction :
Pascal Collin et Antoine Collin
création lumière et collaboration artistique :
Stéphane Babi Aubert
création musicale :
Jean-Noël Françoise (en collaboration avec Arnaud Léger et Grégory Adoir)
création des musiques live :
Alain d'Haeyer
création vidéo :
José Gherrak
création costumes :
Marie Meyer
scénographie et construction des décors :
Salem Ben Belkacem | Ateliers Akelnom
assistanat à la mise en scène, logistique :
Sophie Colleu
collaboration à la chorégraphie :
Pierre Bolo
réglages des chorégraphies aériennes :
Bruno Krief
direction technique :
Thomas Turpin
régie générale :
Pierre André Goursolas
direction de production, administration : Philippe Chamaux
chargés de production (les Indépendances) :
Garance Crouillère, Sylvain Cochard
diffusion :
Florence Bourgeon
Stagiaires et assistants :
Costumes : Corinne Ruiz (Châteauvallon), Yolène Guais (Caen), Emilie Piat (Lyon), Elsa Bourdin (Lyon)
Lumière : Fanny Perreau, Arthur Gueydan
Observation mise en scène : Camille Perrot, Mikaël Bernard, Ludovic Chazaud
distribution :
Mehdi Dehbi | Arnaud Chéron : Roméo
Sara Llorca : Juliette
Veronique Stas : Nourrice
Hala Omran : Lady Capulet
Jean Boissery : Capulet
Pierre Cartonnet : Tybalt
Edward Aleman : Gregory
Wilmer Marquez : Samson
Radouan Leflahi : Paris
Serge Gaborieau : Montaigu
Pierre Bolo : Mercutio
Marc Agbedjidji : Benvolio
Alain dHaeyer : Frère Laurent
Thierry Mettetal : le Prince
durée du spectacle : 2h30 sans entracte
de William Shakespeare
Sur la traduction
Pascal Collin
Il y a une destinée particulière de Roméo et Juliette : ils font partie de ces quelques élus, parmi les personnages de fiction, dont la postérité ne dépend plus guère de celle de leur créateur. Ni même du théâtre : à l'état de mythes, " d'étoiles filantes ", comme dit le prologue de la pièce, ils illuminent, au ciel des idées - et plus qu'aucun autre couple historique ou légendaire, qu'aucune romance - celle de l'amour. Tout simplement. Absolu.
Et c'est pourtant leur inscription dans la chair, dans le langage d'une époque, qui a rendu possibles ce détachement et cette éternité. En témoignent certaines adaptations dites modernes, à la scène ou à l'écran, qui n'ont pu se résoudre à sacrifier la langue de Shakespeare à la mythologie... Car les amants de Vérone ne sont pas que l'image d'une passion, ils expriment aussi la raison d'une nouvelle civilisation, celle issue d'un long processus, de la courtoisie à la renaissance, où l'archaïsme vendettal est bafoué par la sublimation de l'aimé(e), où la loi des pères est, de facto, renvoyée à la barbarie.
La pièce de Shakespeare est ainsi une sorte de creuset bouillonnant de paroles et de corps, chauffés à blanc, où la guerre n'est pas seulement celle entre les Capulet et les Montaigu, mais entre le discours normé de l'arbitraire et la révolution poétique des sentiments. A travers le langage des amants, jusque dans son maniérisme, le désir fou de l'individu ne peut désormais se formuler sans le respect indiscutable dû au désir de l'autre.
Je sais déjà que la scénographie voulue par David dira cette fournaise, cette volonté du dramaturge de voir s'affronter, dans le clos d'une société de superbe architecture et d'idéologie sclérosée, le fanatisme de la mort et la liberté du désir. Et recommence alors pour la traduction, après Hamlet, le même défi : faire resurgir l'actualité, non pas de Roméo et Juliette au XVIème siècle à Vérone, mais de la brûlante contradiction entre leur existence et l'ordre du monde.
L'histoire de ces deux étoiles filantes que sont Roméo et Juliette est tellement dans nos têtes qu'elle semble se dérouler depuis toujours. David Bobee prend acte de cette actualité d'un récit inscrit dans les mémoires pour le transposer dans une atmosphère contemporaine où l'âpreté des affrontements entre bandes dans les quartiers difficiles se teinte aussi de couleurs orientales dignes des "Mille et Une Nuits". La force du texte de Shakespeare permet cette rencontre avec un présent où sont évoqués notamment les mariages forcés et la violence de la haine entre bandes rivales sur fond de crise des banlieues. Ce qui justifie au passage quelques interrogations : qu'est-ce qu'un clan aujourd'hui ? Que signifie dans ce contexte la lutte pour un territoire ? David Bobee installe cette histoire de passion ardente et tragique dans un décor illuminé de torches privilégiant les couleurs chaudes et cuivrées. Le spectacle, où interviennent non seulement des comédiens mais aussi des acrobates et des danseurs, s'appuie sur une nouvelle traduction nerveuse, par Pascal Collin et Antoine Collin, du texte de Shakespeare.
Se tenir entre le drame élisabéthain, le conte oriental et la tragédie contemporaine
Rictus | David Bobee
co-production :
Les Subsistances, Lyon
L'Hippodrome, Scène nationale de Douai
Festival Automne en Normandie
Scène nationale 61, Alençon
CNCDC Châteauvallon
Théâtre de Charleville-Mézières
avec le soutien :
La Biennale de la danse, Lyon
Théâtre de Caen
Création du 13 au 22 septembre 2012 aux Subsistances de Lyon.
Spectacle programmé dans le cadre de la Biennale de la Danse à Lyon.
Reprise au Théâtre National de Chaillot du 15 au 24 novembre 2012.
Spectacle disponible saison 2012/13 et 2013/14.
Tournée : calendrier
Production