This is the End
Spectacle de fin d'études de la 23e promotion du Centre national des arts du cirque
metteur en scène :
David Bobee
assistante à la mise en scène :
Sophie Colleu
création lumière :
Stéphane Babi Aubert
création son :
Jean‐Noël Françoise
création vidéo :
Julie Pareau
collaborateur :
Cristián Soto
conception et construction du décor :
Salem Ben Belkacem (avec l'atelier et le service technique du Cnac)
régisseur général – chef monteur :
Julien Mugica
régisseur lumière :
Audrey Quesnel
régisseur son :
Grégory Adoir
régisseur vidéo :
Julie Pareau / Vincent Griffaut
régisseur plateau :
Jacques Girier
regard extérieur :
Stéphane Brault / Thomas Ferrand
distribution de la 23e promotion :
Lucas Bergandi : Fil
Clément Dazin : Jonglerie
Rafael De Paula Guimaraes : Mât chinois
Kasper Holm : Sangles
Ashtar Muallem : Tissus
Viivi Roiha : Corde lisse
Thomas Vey : Monocycle
Sopheak Houn : Portés acrobatiques (porteur)
Sarav Roun : Portés acrobatiques (voltigeur)
Rémi Fardel : Bascule coréenne
Jérôme Hugo : Bascule coréenne
Amaia Valle : Bascule coréenne
durée du spectacle : 1h45 sans entracte
Note d'intention
David Bobee, avril 2011
Le Centre National des Arts du Cirque est sans doute l'une des plus grandes écoles de cirque du monde. Il a largement contribué à l'invention du cirque contemporain que l'on peut voir un peu partout aujourd'hui. Cest dans l'optique d'affirmer ce cirque de création que cette école m'a demandé de mettre en scène le spectacle de sortie d'étude des élèves de la 23e promotion.
D'un côté, il s'agit de réaliser un spectacle d'école devant accompagner des élèves en fin de formation vers la professionnalisation et répondant à un cahier des charges très précis. D'un autre côté, il convient également de composer un spectacle d'ampleur aux enjeux multiples tant par la qualité artistique des interprètes, que la tournée internationale qui suit la création et la grande visibilité publique et médiatique de cet événement.
Le cahier des charges qui accompagne cette création est celui‐ci : réaliser une création sur une piste circulaire, sous chapiteau, pour les 12 acrobates‐élèves‐interprètes et de mettre en scène chacune des disciplines de ce groupe (mat chinois, bascule, monocycle, portés et voltiges, corde lisse, tissu, fil, jonglage, sangles).
Mon envie est d'embrasser ces contraintes et d'en faire les objectifs créatifs de ce spectacle. Une création sur piste, soit : intéressons‐nous au cercle et à ce quil propose en termes d'espace, de mouvement et de rapport au temps. Mon envie est de créer un plateau circulaire effectuant une rotation sur lui‐même, une tournette, machinerie de plateau de théâtre. Ce plateau tournant permettra d'offrir aux spectateurs de l'arène à 360°, un point de vue identique sur une scénographie mouvante. Sur cet espace rotatif, je souhaite installer tout l'intérieur dun appartement en "open space", ni mur, ni cloison, mais des meubles formant les pièces et offrant leur fonctionnalité au jeu d'acteur. Une grande et circulaire : chambre, salle de bains, salle à manger, cuisine, bureau, salon.
L'autre obligation concerne les élèves‐acrobates eux‐mêmes. Il s'agit de les montrer au travers de leur discipline. Alors voilà, le sujet ce sera eux. Simplement eux. Qui sont ils ? De jeunes gens, venus du monde entier pour réaliser leurs rêves, donc des personnes mobiles, en mouvement qui par leur liberté, leur couleur, leur culture, leur langue, leur jeunesse, leurs envies, leurs opinions, modes de vie, illusions, désillusions, nous parlent du monde d'aujourd'hui, de la vie d'aujourd'hui. Un monde en mouvement, fragmentaire, foisonnant.
Ce serait beau que ça parle un peu de cette liberté là, de cette époque modelée par des décennies de globalisation, d'altermondialisation, de communication omniprésente et de relations humaines via Facebook, Skype, ... De cette façon de penser, de parler, d'agir au XXIe siècle.
Les acrobates seront donc les sujets et les interprètes de ce spectacle. Ils pourraient sappeler sur scène par leur prénom : Akko, Viivi, Kasper, Thomas, Rafael Et ils pourraient parler dans leur propre langue, on pourrait alors jouer avec le sur‐titrage à 360° pour pouvoir d'un coup d'oeil comprendre l'islandais, le portugais, l'arabe, et même la langue des signes puisque l'un des élèves (cambodgien/khmer) est sourd.
Dans cet espace circulaire, dans cet espace de vie commune, de vie tournante, j'imagine assez bien un montage de fragments de vie, des petites scènes qui, par l'accumulation, finissent par dresser un panorama sous forme de puzzle dont les pièces ne s'accorderaient pas forcément, mais dont on pourrait tout de même deviner le dessin global.
Un montage qui alternerait des improvisations écrites, des scènes textuelles, monologues, dialogues et des moments de danse, ou d'acrobaties pures. Un appartement où chacun se croise, vacant à ses occupations (faire à manger, prendre un bain, squatter un canapé) et d'où pourraient séchapper des prises de paroles, des moments de cirque, de poésie.
Ces acrobates sont très jeunes, étrangers et non comédiens, donc même si je crois fort en leur potentiel, et que je vais réellement m'investir dans la justesse de leur interprétation, il y aura une difficulté de parole et de langue que nous devrons envisager dès l'écriture.
C'est pourquoi, je souhaite faire appel à un auteur qui sera présent durant tout le processus de travail afin d'écrire pour ces acrobates là, ces personnes là, au plus près de leur langage, de leurs propositions et improvisations. Il s'agit d'inventer du "sur mesure" : coudre l'écriture circassienne au geste d'auteur.
Je veux avant tout éviter l'enchaînement de numéros, type cabaret traditionnel, mais bien intégrer le cirque à une dramaturgie fragmentaire qui ressemblerait à l'époque contemporaine.
Cette dramaturgie pourrait, elle aussi, se modeler à la contrainte du circulaire : un événement pourrait se reproduire plusieurs fois et l'on pourrait le revoir de différents points de vue. Un peu comme la scénographie tournante, une dramaturgie cyclique, qui se déploierait en spirale, en boucle, variation et autre saut périlleux, une dramaturgie elle même en pleine acrobatie. Un tel espace tournant, un espace de révolution peut aussi permettre de revenir en arrière et de commencer, par exemple, par une fin pour mieux rembobiner lentement vers un point d'origine, un spectacle à l'envers, avec des acrobates et leur étonnante capacité à se retourner, à revenir sur leurs pas, à remonter le fil, avec ce décor capable de revenir en arrière. Un spectacle qui jouerait avec le temps comme un monteur sur un banc de montage de cinéma qui passe et repasse les bandes davant en arrière.
Montrer des fragments de vie et beaucoup de beauté brute, en vrac, en bordel. Le portrait d'une jeunesse d'aujourdhui belle et bordélique. Engagée et paumée...
Entretien avec David Bobee
par Gwénola David (directrice ajointe du Cnac en charge de la pédagogie et du développement artistique), 12 octobre 2011
Gwénola David : Acteurs, danseurs et circassiens se côtoient depuis plusieurs années dans vos créations. Comment est né le désir de travailler avec des acrobates ?
David Bobee : Venant au théâtre après des études de cinéma, je me suis très vite intéressé à la personnalité des acteurs, à leurs corps, donc à leurs déplacements, à leurs mouvements l'espace. Dès mes premiers spectacles, j'ai développé une approche assez chorégraphique de la mise en scène. Lors d'une recherche avec des artistes de cirque et des comédiens de ma compagnie, jai vu que les acrobates apportaient un langage que je pouvais comprendre et intégrer à une dramaturgie théâtrale. Le mouvement circassien est à la fois très concret et immédiatement métaphorique : s'exposer au risque, repousser les limites, se renverser, renverser un certain ordre du monde sont autant de gestes signifiants. Depuis cette rencontre, des acrobates participent à toutes mes créations : Cannibales mêlait le texte de Ronan Chéneau, le jeu d'acteur, la danse et le cirque, Nos enfants nous font peur quand on les croise dans la rue aussi, et la mise en scène d'Hamlet, de Shakespeare, poussait l'interaction jusquà confier le rôle principal à un acrobate pratiquant le mât chinois.
GD : This is the End - le titre semble annoncer la catastrophe...
DB : La catastrophe n'est pas le sujet mais sert de révélateur de la situation actuelle, de métaphore dun monde en crise. Si tout doit disparaître, qu'est‐ce qui a disparu ? L'hypothèse de la disparition nous conduit à réfléchir sur notre existence, sur notre réalité présente, sur la hiérarchie des valeurs qui régit nos actes individuels et collectifs. Cette urgence nous aide, peut‐être, à discerner l'essentiel.
GD : Dans la pièce, les acrobates s'appellent par leur propre nom, parlent leur langue. Vous travaillez au plus près de leur identité. Pourquoi cette démarche ?
DB : Le cahier des charges du spectacle de fin d'études du Cnac demande que tous les étudiants soient vus dans leur discipline. J'ai pris cette contrainte à la lettre, ce qui ouvre un vaste champ créatif. Eux, ce sont de jeunes gens qui affirment un choix radical, incroyable aujourd'hui parce qu'il va à l'encontre de l'idéologie dominante, à l'encontre d'une organisation de la société qui vise dabord la rentabilité. Les étudiants de cette promotion, très internationale, viennent des quatre coins du monde. S'arracher à son pays, traverser la planète pour venir trois ans ici afin de construire une carrière atypique, plutôt brève de surcroît, offrir tout son talent, toute sa beauté, pour une cause provisoire, peut-être vaine, remet l'être humain à un endroit à la fois beau et absolument nécessaire, que les logiques strictement économiques oublient. Me passionnent leur courage, leur volonté, leur engagement intellectuel et physique à travailler quotidiennement sur un agrès, leur acharnement à bousculer les limites. Leur choix reste un mystère. Je vois une dimension politique dans ce geste.
GD : Politique en ce qu'il échappe à la règle de l'économie, au sens où il ne permet pas de "s'économiser" ? Car le geste circassien exige une dépense difficilement compréhensible, une dépense "inutile" dun point de vue strictement rationnel, peu productive au regard de l'investissement fourni, comme le don. Un don de soi absolument nécessaire ?
DB : Partir deux, c'est s'intéresser à cet acte fou, amoureux, poétique, mais aussi à qui ils sont. Leur parole m'intéresse car elle est à la fois intime et sociale : elle dit beaucoup de notre monde, peut‐être en train de s'écrouler ou du moins de se transformer. En témoignent le printemps arabe, le mouvement des indignés, la crise économique qui menace la solvabilité des Etats
GD : Le plateau évoque un lieu de vie quotidien, où se déroulent des scènes de vie ordinaires parmi du mobilier réel et des objets banals, tout en convoquant ce que la prouesse peut amener "d'extra‐ordinaire", de non figuratif. Quel sens donnez‐vous à ce contraste‐là ?
DB : Le décor est un appartement fonctionnel où chaque chose a sa place. Dans cette banalité bien ordonnée, nous quêtons l'extraordinaire, le sublime, nous cherchons un peu d'humanité. Ce décor s'inscrit plus dans le courant hyperréaliste que naturaliste. L'espace circulaire du cirque, focus de tous les regards à 360°, est un lieu d'exposition, qui donne à lire l'époque actuelle. La surexposition des objets et des corps du monde le donne à lire autrement.
GD : Le plateau tournant se meut dans un sens ou dans l'autre et induit un rapport au temps différent : le cercle, clos sur lui‐même, sans début ni fin, dune part n'autorise pas les entrées‐sorties à "cour" ou à "jardin" comme sur une scène frontale mais abolit ce hors champ, et, d'autre part, n'offre plus de cadre fixe au regard. Or, vos mises en scène travaillent habituellement beaucoup l'image, le cadre, la direction du regard du spectateur. Comment l'espace circulaire influe‐t‐il sur la dramaturgie ?
DB : Lorsque je me suis frotté pour la première fois à la piste, je me suis précisément heurté à des problèmes de construction d'images, de cadres. Comment orienter le regard, architecturer des déplacements dans un espace extrêmement libre où tout appelle à la mobilité, à la circularité ? Mon approche emprunte plutôt au vocabulaire cinématographique : cadrage, montage, séquences... Au cirque, c'était presque impossible. En revanche, je pouvais travailler sur la temporalité, sur le mouvement cyclique, la répétition, la variation, sur l'exposition totale et donc la liberté du regard et la responsabilité du point de vue. Le plateau tournant permet cette circulation et donne à voir ce qui s'y fait dans toutes ses dimensions simultanément. Cette scène circulaire autorise une dramaturgie qui l'est tout autant et dévoile un monde fragmenté, qui déroule les événements, rembobine, s'arrête, se répète Je retrouve une construction qui rappelle le banc de montage. Le spectacle est construit comme une explosion : tout se met à voler en éclats, comme le monde, tel qu'il est organisé aujourd'hui, peut se désorganiser...
GD : Quel est le processus de création avec les jeunes artistes ?
DB : Nous avons travaillé à partir d'improvisations dans l'espace, avec toute l'équipe de création, dès le début. Le décor pose un contexte, propose des situations à mettre en jeu. Ils y répondent avec leur propre pratique circassienne, mais aussi avec leur personnalité, leurs questionnements, leurs propos, en écoute les uns des autres. Un tel processus décriture, qui s'invente à même le plateau, les amène à interroger leur discipline, leur excellence, pour l'intégrer dans la dramaturgie, à composer en résonance avec les autres créateurs. Il fait appel au point de vue de chacun sur ce qui est en train de se construire, donc à leur responsabilité, en tant quauteur de leurs propositions, en tant que citoyen. Cette conception du protocole de création traduit pour moi un positionnement politique car la question du "comment créer ensemble" renvoie à celle du "comment vivre ensemble". L'oeuvre se tisse ainsi, au jour le jour, dans le partage de nos réflexions, de nos révoltes, de nos émotions... de nos émerveillements.
Texte (extraits)
Clément :
J'étais chez moi,
Quand c'est arrivé
La fin du monde, de ce monde.
Quand tout s'est effondré...
Est-ce qu'on peut commencer comme ça ?
Est ce qu'on peut commencer par la fin ?
La fin du Monde ? Vraiment ?
Vraiment ?
J'étais vivant ?
J'étais vivant et rien n'y était.
La vérité c'est que je n'y arrivais plus du tout
A être vivant là, à ce moment là.
Dans ce monde là
On peut vraiment commencer comme ça ?
1,3 milliards d'années d'évolution de la vie, d'essais, de ratages, de guerres et de perfectionnements, pour en arriver là.
C'est comment qu'on est mort, dis moi ?
Qu'est-ce qu'on a foiré ?
Qu'est-ce qu'on n'a pas fait ?
Allez, on reprend.
J'étais chez moi. Faisant partie de cette catégorie de la population qui possède une télévision. Je regarde la télévision. Dans le monde extérieur : tout va bien. On dit que le monde est en crise mais tout va bien. On parle de désastre écologique, de surpeuplement, de dévaluation monétaire, de misère économique et sociale, d'attentats terroristes, d'émeutes, de menaces nucléaires et de catastrophes en série. On a peur. Mais tout va parfaitement bien.
Non, on ne peut pas.
Pas par une fin,
On ne peut pas commencer par la fin,
On reprend.
Ashtar :
J'aime la nourriture, manger, la bonne nourriture et surtout des gâteaux. S'il me restait cinq minutes à vivre, je me précipiterais sur le frigo, même si je n'ai pas faim.
S'il me restait cinq minutes à vivre, j'irais courir dans la rue en criant et en dansant. Je me déshabillerais et courrais toute nue. Et je mettrais de la peinture sur mon corps, mes cheveux et mon visage. Je sauterais dans une rivière d'eau fraîche qui me laverait de toute la peinture.
S'il me restait cinq minutes à vivre, je crois que je ne ferais rien, ou alors je compterais ces 300 secondes pour voir si je peux tenir le rythme jusqu'à la fin.
Ako :
Je m'appelle Ako.
Je viens du Cambodge.
Je suis sourd.
Et moi, la fin du monde,
j'en ai carrément rien à foutre
mais vraiment rien à péter.
Moi, mon plaisir, c'est ça !
Oui, parfois j'ai voulu que toute ma nature disparaisse, que toutes mes images se dissipent, que toutes mes pensées se détruisent, que toutes mes ambitions s'évanouissent, que toutes mes angoisses s'enfuient, que toutes mes peurs s'éclipsent et que tous mes désirs meurent, que le vent efface mon visage d'un seul coup mais je ne veux pas disparaître car j'aime tes caresses, tes mains, tes doigts, ta haine, ta rage et ta violence.
J'aime ton regard fixe, droit et distant. J'aime quand tu me dis que j'ai tort et tu t'approches de moi sans te justifier. J'aime discuter, me battre et me réconcilier avec toi. J'aime quand tu t'éloignes, ton sourire, la manière dont tu me parles et je ne veux pas que cela se termine, Je ne veux pas que la fin déchire ta vie, qu'elle te touche, qu'elle te détruise.
Ferme toutes les portes et toutes les fenêtres, fixe au mur tous les objets, déplace les meubles, cherche un endroit pour te protéger, abrite-toi sous une table, place-toi en position ftale.
N'utilise pas les ascenseurs, protège-toi la tête et les pieds, reste loin des lignes électriques, des tunnels et des ponts. Ne reste pas seul, évite les rampes, n'allume pas de flammes. Reste loin des fenêtres, sois vigilant, protège-toi contre les blessures, ouvre les portes de placards, protège-toi la tête avec un oreiller, rentre chez toi, préviens les secours, baisse-toi, éloigne-toi, lève-toi. Non, attend, ne court pas ! Assieds-toi ! Couche-toi, essaie de dormir, c'est mieux que tu ne te lèves pas ! N'ouvre la porte à personne, la situation est catastrophique, les gens veulent juste s'envoler, Lave-toi tes mains, ne fume pas, prend soin de toi, éteint la radio, tes angoisses et tes peurs.
J'ai peur que tu ne sois blessée, j'ai peur que tu meures, j'ai peur que la date de ma mort soit différente de la mienne. J'ai peur de l'inconnu, de l'ignorance, j'ai peur de ceux qui veulent gagner plus, j'ai peur de ceux qui ne veulent pas mourir, j'ai peur des mensonges, j'ai peur des promesses de toute une vie, j'ai peur de ceux qui veulent gagner plus, de ceux qui ne veulent pas mourir, de ceux qui essayent de me convaincre, j'ai peur quand tu t'approches trop près de moi.
J'ai peur de sauter et que personne ne me rattrape, j'ai peur de tomber et de me blesser.
Pourquoi je ressens cette peur ? Pourquoi je ne peux pas abandonner cette peur.
J'ai peur de t'aimer et de ne pas trouver de réciprocité ; j'ai peur que les murs se meuvent, que les fenêtres vibrent, que le sol bouge, et qu'à l'instant où le temps s'arrête, tout se transformera de vie en mort.
Je voudrais te dire que ce geste est honnête, avant mon dernier souffle,. J'aimerai que tu saches que tout s'est passé trop vite comme dans un conte pour enfant de quelques pages. J'ai pris un pistolet dans mes mains et dans ces dernières minutes, je veux allumer les flammes parce que je ne veux pas continuer à vivre dans cette vie de reflets. Cela n'a aucun sens et je veux disparaître, avant de nous mentir et de tricher.
J'ai investi ; j'ai recyclé... Je t'ai rencontré, je t'ai regardé, je t'ai embrassé, et j'ai partagé ma vie avec toi.
Mes images commencent à disparaitre et je ne sais pas où elles partent.
Je voudrais parler toutes les langues mais c'est à peine si je connais la mienne.
Mon corps mourra seul.
Embrassez - moi
Couvrez-moi
Protégez - moi
Parlez-moi
Accompagnez-moi
Soignez-moi
Assistez -moi
Défendez -moi
Abritez-moi
Aidez -moi
Sauvez - moi
Écoutez-moi
Regardez -moi
Aimez-moi
Et il y aurait du silence,
du silence comme jamais.
Du silence et du vide.
Et la terre s'est mise à trembler,
quelque chose est arrivé et puis du silence.
Quelque chose de terrible, de vraiment...
Beau. Grand. Énorme. Puissant.
Quelque chose a cassé,
la mer s'est soulevée en silence,
la chaleur et le silence.
Et d'un seul coup tous les hommes,
toute l'humanité,
oui l'humanité entière aurait disparu,
d'un seul coup.
Pas morts, pas déchirés,
pas de cadavres, pas de corps.
Juste une explosion magistrale, sourde,
un grand souffle aurait tout emporté,
toute cette humanité animée, toute, balayée.
Toute trace d'humanité.
Et tout ce que les hommes ont produit,
tout ce qu'ils ont construit,
tout ce qu'ils ont inscrit, écrit aussi,
le tout disparu en un souffle.
Sans cris ni heurts, tout avait disparu :
les hommes, les femmes, les enfants,
les villes, les ponts, les voitures,
les vêtements et les usines, les rues, les routes...
Ne laissant qu'un grand vide,
du silence,
un peu de vent
et la terre à nu.
Amaia :
J'étais chez moi quand c'est arrivé !
La fin du monde, dun monde, de ce monde, quand tout sest effondré vraiment
Est-ce que tu crois qu'on peut finir comme ça ? Est-ce que tu crois qu'on peut finir comme ça, par un début ?
Est-ce que tu crois qu'on peut finir par un début ?
Vraiment, vraiment ?
Allez, on recommence !!
[1]
Production
Spectacle co-produit par le Centre national des arts du cirque ‐ Cnac et Rictus (le Théâtre de Caen et La brèche, pôle national des arts du cirque ‐ Cherbourg‐Octeville, soutiennent Rictus pour la production de ce spectacle)
La brèche, pôle national des arts du cirque ‐ Cherbourg‐Octeville, a accueilli l'équipe artistique de "This is the End" du 19 au 30 septembre 2011 pour une étape de travail de création.
Partenaire privilégié du Cnac, le Conseil Régional de Champagne‐Ardenne soutient par son financement la troisième année de formation et lexploitation du spectacle de fin d'études.
Revue de presse (extraits)
Douze étudiants du Centre national des arts du cirque réveillent la Villette avec d'habiles numéros assortis d'une vraie réflexion sur la fin du monde.
[...] Les étudiants possèdent une technique formidable: les passages sur le fil, le jonglage, les portés acrobatiques et le trio de bascule coréenne sont formidables. David Bobee, metteur en piste venu du théâtre, joue les contrastes: entre dépit des mots et tension des figures, entre poids de la vie et ces espoirs qui vous font flotter au dessus du sol, ou le besoin de s'extraire de la réalité qui fait grimper aux cordes, aux mats et aux rideaux.
Ariane Bavelier, lefigaro.fr, 20.01.12
Spectacle de fin d'études de la 23ème promotion des élèves du Centre National des Arts du Cirque, This is the end propose de découvrir bien davantage que les exploits des espoirs du cirque : un exemple enthousiasmant du renouveau esthétique du cirque contemporain.
[...] David Bobee à qui l'on a confié cette année la mise en scène de cet exercice de genre a pris sa mission très à cur. Résultat : il donne à voir toute la force d'une jeunesse internationale qui s'engage dans l'exercice périlleux de sa passion, avec ses doutes, ses peurs et ses fragilités, mais surtout avec cette puissance du désir seule propre à renverser des montagnes. This is the end célèbre la jeunesse, le cirque, la fin imminente d'un monde et la possibilité de son renouveau. Absolument régénérant.
[...] Le cirque contemporain s'hybride de théâtre et de danse, l'heure est au sensible et au propos autant qu'à la performance. David Bobee le savait très bien, lui qui a régulièrement intégré des circassiens dans ses mises en scène, donne ici des ailes au cirque de demain.
Eric Demey, La Terrasse, 01.12
[...] "This is the end" mis en piste par David Bobee est une uvre bouleversante sur le thème de la fin du monde... Un vrai choc émotionnel et artistique.
[...] Les jeunes acrobates cambodgiens, finlandais, brésiliens, français, palestinien, suisse, suédois, déploient sur ce socle mouvant une dramaturgie intense, très émouvante, où se tissent l'expression de leur discipline, et leurs paroles, rages, rêves et peurs. Ils parlent dans des micros, ou sur des écrans vidéos sur une musique très prenante.
David Bobee réussit à les rendre auteurs et interprètes d'un propos pas évident, la fin du monde, et ils nous livrent, magnifiques et paumés leur manière d'être au monde, en créant ensemble cette première oeuvre bouleversante.
Claire Baudéan, France info, 10.12.11
« This is the end », le spectacle de fin d'études de la 23e promotion du Cnac, s'impose comme l'un des plus réussis depuis que l'exercice existe. Une performance s'expliquant par le niveau technique des douze circassiens concernés, mais aussi par le génie du metteur en scène élu cette année : David Bobee.
[...] GRANDE prouesse que celle accomplie par David Bobee, chargé de mettre en scène le spectacle de fin d'études de la 23e promotion du Cnac (Centre national des arts du cirque). Le jeune et prolifique artiste a sublimé l'exercice, hissant les douze circassiens avec lesquels il uvre depuis maintenant plusieurs mois au rang des promotions inoubliables.
[...] un spectacle tout court, une vague qui nous emporte jusqu'à nous faire parfois chavirer le cur.
Embarqué dans cette dynamique, le public apprécie les circassiens et leur notable technique mais, surtout, fait leur connaissance.
Sophie Bracquemart, L'union-l'ardennais, 10.12.11
site en construction
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Metamorphosis
Fairies (Феи)
Gilles
Nos enfants nous font
peur quand on les croise
dans la rue
Warm
Petit frère
Dedans dehors David
Fées
Res / Persona